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Citations

« Le projet d’identifier puis d’éradiquer, les causes de mort « prématurée » n’est-il pas complice d’un délire de puissance de nos sociétés industrielles ? On prétend maîtriser la mort. Encadré par des systèmes de santé qui gèrent son « capital de vie » protégé par la consommation obligatoire de soins contre la dilapidation irrationnelle de ce capital, l’homme moderne a le privilège d’accéder à une fin tardive sous le contrôle de technocrates professionnels qui lui délivrent une mort aseptisée. La nécessité biologique de la mort est occultée par une stratégie sociale manipulatrice, qui prive les individus à la fois de la familiarité avec la mort naturelle, et des significations existentielles que des sociétés plus conviviales conféraient au mourir par des rites symboliques ».

Anne Fagot- Largeault, 1989, Les causes de la mort. Histoire naturelle et facteurs de risques, publication de l’Institut Interdisciplinaire d’Etudes Epistémologiques, Paris, p.6. 


« La santé remplace le salut (…). C’est que la médecine offre à l’homme moderne le visage obstiné et rassurant de sa finitude ; en elle la mort est ressassée, mais en même temps conjurée ; et si elle annonce sans répit à l’homme la limite qu’il porte en soi, elle lui parle aussi de ce monde technique qui est la force armée, positive et pleine de sa finitude ». 

Michel Foucault, 1963 (2009), Naissance de la clinique, PUF, Paris (premier extrait, p. 201-202

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L'homme domestiqué face aux théories de l'effondrement

" - Mon chéri, ce n'est pas en courant dans tous les sens, sur tous les chemins, qu'on apprend la vie. C'est en la regardant et eux (les animaux sauvages) tu vois, ils en savent plus long que nous… Ils connaissent les plantes, ils connaissent les herbes, les bonnes et les mauvaises, ils savent comment se nourrir avec, comment se soigner…
Il avait raison. Un animal sauvage vivant en liberté ne s'empoisonne pas, il fait son choix. C'est un instinct qu'ils perdent quand ils sont domestiqués, qu'on leur apporte leur nourriture, qu'ils n'ont plus à la chercher, à la défendre et qu'on appelle le vétérinaire quand ils sont malades."
Maurice Mességué, Des hommes et des plantes, 1970, Paris, p.20.


Ce n'est pas encore facile pour moi de l'assumer : j'ai toujours cherché à accumuler du savoir livresque et intellectuel parce qu'en fait… je n'ai aucune connaissance… et je ne sais absolument rien.
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Mon blog commence…. par une histoire de patates ! 

Pour comprendre pourquoi j'en viens à écrire le blog "Collapso-santé", il faut d'abord comprendre comment j'en suis venue à lire des livres traitant de la question de l'effondrement à venir de notre société (au titre de "la collapsologie" ou non).

Tout part d'une réunion, au cours de laquelle j'écoutais un entrepreneur présenter un projet impliquant des capteurs de mouvements, la possibilité d’enregistrer précisément les habitudes d’une personne âgée en EHPAD, de l'intelligence artificielle, des "big datas" et une multitude de termes que je serai bien mise à mal de restituer.
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Bienvenue sur Collapso-santé !

POUR INTRODUIRE CE BLOG ! 
Quiconque souhaite évoquer aujourd’hui une ou des théories de l’effondrement de notre société contemporaine, ne semble plus pouvoir se passer du terme de « collapsologie ». La fréquence du terme dans la sphère médiatique et sur les réseaux sociaux, pousserait presque à penser qu'il s'intègre à notre langage courant (ou qu'il n'en est plus très loin) et laisse entrevoir la possibilité de considérer la collapsologie en tant que fait social.
La sociologue se laisse aisément tentée par l'exercice d'en faire la démonstration. La femme beaucoup moins.
D’un côté, parce que la collapsologie en tant que telle -ou en tant qu’objet de recherche -ne m’intéresse tout simplement pas. De l’autre, parce que le message véhiculé par ce discours sur la chute de nos modes de vies contemporains et la question de la viabilité même de notre présence sur terre à plus ou moins court terme, m’a sans doute convaincue.