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Bienvenue sur Collapso-santé !



POUR INTRODUIRE CE BLOG ! 

Quiconque souhaite évoquer aujourd’hui une ou des théories de l’effondrement de notre société contemporaine, ne semble plus pouvoir se passer du terme de « collapsologie ». La fréquence du terme dans la sphère médiatique et sur les réseaux sociaux, pousserait presque à penser qu'il s'intègre à notre langage courant (ou qu'il n'en est plus très loin) et laisse entrevoir la possibilité de considérer la collapsologie en tant que fait social.

La sociologue se laisse aisément tentée par l'exercice d'en faire la démonstration. La femme beaucoup moins.

D’un côté, parce que la collapsologie en tant que telle - ou en tant qu’objet de recherche - ne m’intéresse tout simplement pas. De l’autre, parce que le message véhiculé par ce discours sur la chute de nos modes de vies contemporains et la question de la viabilité même de notre présence sur terre à plus ou moins court terme, m’a sans doute convaincue.

Comment prendre pour objet de recherche un sujet qui, au-delà du fait social qu’il se trouve être, a le mérite de faire réfléchir sur notre manière contemporaine d’être au monde ? Et puis l'exercice ne viendrait-il pas s'assimiler à une espèce de masturbation intellectuelle, qui face au caractère a priori URGENT de nos prises de consciences en matière d'écologie (sociale, géographique, anthropologique, économique, etc.), ne viendrait que détourner mon regard de l'essentiel… (d'autant plus que l'intellectualisation est l'un de mes principaux mécanismes de défense).

Non. Dans ce blog, je voudrais pouvoir reconnaître l'ensemble de mes affects quand je réfléchie à ce sujet. Je voudrais pouvoir rompre un peu avec mon métier et les contraintes de ma discipline, juste pour partager quelques émotions et réflexions, sans aucune prétention scientifique… en profane.

Pour autant, j'ai quand même envie de parler de ce qui m'intéresse dans ma vie personnelle autant que professionnelle : je voudrais parler de "la santé" ou plus précisément de notre rapport contemporain à la vie et à la mort. 

Je vous parlerai de vie et de mort sans distinction. La nomination par deux termes de ce qui pourrait s’appeler « nature » engage une manière d’être au monde linéaire, qui autorise l’entretien d’une illusion de toute puissance particulièrement pénible à abandonner : la vie serait une espèce de dû. De mon point de vue, elle dépasse toute forme de devoir et toute espèce de droit. La vie n’a pas à se soumettre à la loi humaine. Elle se contente d’être, en dehors de toute sorte d'avoir et surtout : hors organisation humaine en son nom.  

Pourtant, nombreux sont les êtres humains qui aujourd’hui, pensent que la vie « donne » ou « reprend » ; que la vie est « injuste » ou « absurde » et qu’elle « a perdu son sens »

Mais pourquoi avons-nous seulement besoin de la personnifier dans notre langage, de lui donner corps et de lui accorder des intentions ? 
Pourquoi avons-nous besoin de nous adresser à la vie ? Un petit peu comme si nous nous adressions à celle par qui elle est passée : la mère. Nous l’interrogeons : Pourquoi ? Comment ? Et si ? Et pourquoi pas ? 

Si la vie pouvait répondre, elle ne nous dirait rien. Elle resterait silencieuse parce que nous l’avons imaginé doté d’un langage humain où arguments, logiques voire raisons, l’emporteraient sur elle. 

L’attente de la vie et de sa réponse, c’est une négation de notre situation d’être au monde… et il semble dommageable aujourd'hui, que cela le reste en dehors de toute forme de possession de ce monde. 

Qu’elle est bien mauvaise cette vie, à ne pas nous répondre. A nous laisser trimer. A nous laisser pleurer notre condition apparemment insupportable d’animal vivant ! Qu’elle est bien mauvaise cette vie ! 
Alors nous l’épuisons. Nous l’écrasons. Nous lui en voulons. Nous l’exploitons. Nous la vidons de ses énergies... renouvelables ou non. Comme si nous étions séparés d’elle, différents d’elle. Comme si nous n’étions pas inscrits dans ce monde mais plutôt suspendus… comme en attente de vie. (Je ne suis pas complètement dupe, j'ai bien conscience à un endroit de parler là de mon rapport à la vie : c'est en cela que je tiens à ce que mes écrits sur ce blog restent bien considérés comme "profanes"). 

En place et lieu de l'attente, ne réside que le vide. Le non-sens, un point zéro… à combler. A remplir d’objets qui font penser à la vie. A remplir de tout ce qui ressemble à la vie. A remplir de songes d’une autre vie, plus désirable, plus juste, plus supportable. 

Finalement, n'est-ce pas là une forme de rejet la vie ? De celle qui est en chacun de nous ? Un peu comme un manque d'adhérence à la vie : au simple fait d'être là... tout simplement là. 

Tel sera donc l'objet de ce blog de COLLAPSO-SANTE !! 

Au plaisir de partager mes quelques réflexions avec vous.

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Maurice Mességué, Des hommes et des plantes, 1970, Paris, p.20.


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