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Je suis... un mammifère "qui n'eut jamais d'exemple !"



Je suis… un mammifère "qui n'eut jamais d'exemple !"

Un peu d'humour : 

"… et dont l'exécution n'aura point d'imitateur…" 
(merci JJ Rousseau)

Ah bah oui, tu m'étonnes !! Le seul capable d'organiser sa propre extinction et d'entraîner tout le monde avec lui !!

Ok et que nous racontons-nous ? 
Qu'est-ce qui est le plus valorisé aujourd'hui dans notre société ?

Je suis différent ! 
Je suis ce que tu n'es pas !
Je suis autre que toi !
Je suis MOI !

Poussant bien souvent à répondre en face "et bien moi, je ne suis pas…." Dans la négation. Ou comment faire l'aveu qu'en fait c'est en cherchant à se différencier de l'autre que nous lui ressemblons le plus : dans l'acte même de chercher à se différencier.

Comment "être collectivement" ?

Il me semble que la collapsologie, l'étude de l'effondrement des sociétés industrielles, les alertes en tous genre concernant le réchauffement climatique et l'urgence de notre prise de conscience viennent poser cette interrogation là. 

Et que répondons-nous ?
"Moi, je…"
"Moi je crois, je pense, je fais, je dis" 

Une seule question subsiste ensuite : 
"Mais pourquoi y'en a qui ne prennent pas conscience de l'urgence, qui ne se remettent pas en cause et qui ne font rien ?"

Frustrant !

 Parce qu'à trop vouloir se raconter soi, nous en oublions souvent de nous raconter nous ! Or concernant le réchauffement climatique, l'enjeu n'est certainement pas que MOI. Il s'agit de NOUS.

Il s'agit d'être collectivement en mesure de partager et d'être en partie d'accord sur une vision du réel. 

Ce réel c'est "nous mammifère, sur cette planète terre... parmi d'autres mammifères qui communiquent aussi sur ce qu'ils sont à leurs propres manières."

Nous ne pouvons pas tous voir le même monde et vivre selon le même principe de réalité (ce serait totalitaire). Nous n'avons pas la même vie, nous ne partageons pas toujours les mêmes représentations (et c'est heureux). 

Mais à trop chercher à mettre en valeur nos différences, peut-être en oublions-nous nos similarités.

OK ok si tu veux, mais pourquoi ce type de propos dans Collapso-Santé ?


Mais parce que... 
Que trahit notre corps et notre rapport au corps ? 

La volonté d'être différent.

Nos pratiques de santé sont socialement situées. Elles nous servent à nous différencier les uns des autres. Nos pratiques de santé sont individuellement vécues, elles nous appartiennent et nous considérons très facilement que si l'autre n'a pas vécu la même chose, il n'est pas en mesure de nous comprendre (concernant une maladie par exemple). Nos pratiques de santé sont parfois affichées comme prise de décision n'impliquant pas l'autre… et n'impliquant que moi. 

En fait, ce rapport au corps et à la santé porte l'emprunte de la logique marchande fondée sur l'intérêt personnel… et non sur l'intérêt collectif.

Appliquée à la santé, cette logique marchande est venue supplanter un rapport à la santé impliquant l'Autre, basée sur la proximité à l'Autre et le partage d'expériences sensibles.

A contrario, nous cherchons à nous faire reconnaître par un groupe de pair (un groupe de patients par exemple), dans nos souffrances, nos inquiétudes, notre vécue. Les personnes qui lisent de la collapsologie font de même : elles se regroupent entre elles. Parce que la similarité fait du bien. Elle rassure et surtout elle est notre premier instinct. 

Et nous luttons tous quotidiennement pour être reconnu : chaque engagement, chaque prise de conscience, chaque cri, chaque oeuvre d'art, comme chaque acte "au nom" de notre santé devient une espèce de lutte pour se situer par rapport aux autres dans le monde.

Alors non… Je ne suis pas un mammifère qui n'eut jamais d'exemple. Je suis un mammifère comme les autres, rangée dans l'ordre des primates, je suis une femelle dotée de mamelles et j'allaite mes petits… comme beaucoup d'autres… Dans le fond... voilà vraiment de quoi relativiser !








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